Découvrez – Nikon Z f : une première expérience prometteuse avec un hybride plein format très attrayant

Derrière un design rétro qui puise directement dans l’héritage du légendaire FM2, se cache un Z f à la fois moderne et équipé des dernières avancées technologiques de Nikon, incluant le processeur Expeed 7 et un capteur CMOS de 24×36 mm doté de 24 millions de pixels.

Avant de réaliser notre test approfondi du boîtier et de le soumettre à des analyses en laboratoire, nous avons eu l’occasion de manipuler une version de pré-production du Nikon Z f pendant quelques jours. Cette expérience sur le terrain nous a permis d’apprécier l’appareil, tout en gardant à l’esprit que la version finale, prévue pour une commercialisation en octobre 2023, pourrait présenter des différences.

Un design vintage irrésistible

Il est indéniable que les appareils au design vintage continuent de susciter l’engouement, et le tout nouveau modèle de Nikon réussit brillamment à adopter le même style que le Z fc, inspiré du mythique FM2 des années 1980. Lorsque l’écran est replié, le Z f associé à l’objectif Z 40 mm f/2 ressemble à s’y méprendre à son homologue argentique, ce qui a attiré l’attention de quelques touristes que nous avons croisés lors de nos balades. Ils pensaient réellement avoir affaire à un appareil d’une autre époque.

Au lieu de charger une pellicule Tri-X, nous avons parcouru les sentiers de Roussillon dans le Luberon et les Baux-de-Provence, dans le massif des Alpilles, équipés d’un trio d’objectifs intéressants : le Z 40 mm f/2 SE, le Z 24-70 mm f/2,8 S, et le puissant zoom Z 180-600 mm f/5,6-6,3 VR.

Il sait se démarquer grâce à ses molettes !

Le Nikon Z f est construit sur la même base que le Z fc, mais cette fois-ci dans une finition noire qui combine un châssis en alliage de magnésium avec des éléments en plastique pour la semelle et la façade de l’appareil. Nikon propose également six autres coloris élégants. Les réglages sont aisément accessibles grâce à trois molettes crantées situées sur le dessus de l’appareil. Sur la gauche, on trouve le levier PASM et Auto, la molette de réglage de la sensibilité ISO (de 100 à 51 000), ainsi qu’une position C pour la sensibilité en mode automatique.

À droite, la molette principale est dédiée à la sélection du temps de pose, couvrant une plage allant de 4 secondes à 1/8000 de seconde, avec des crans d’ajustement d’1 IL. Bien qu’il y ait une position « 1/3Step » sur la molette pour régler la vitesse par incréments de 1/3, un crantage de la molette par 1/3 aurait été plus pratique.

Juste en dessous de la molette principale, il y a un curseur qui permet de passer facilement du mode photo au mode vidéo, avec une troisième position « B&W » pour basculer automatiquement en mode monochrome, une fonction proposée par l’appareil.

Sur le déclencheur, vous trouverez un petit écran monochrome qui affiche l’ouverture de l’objectif, et à sa droite se trouve la molette de correction d’exposition, ainsi que la touche REC pour l’enregistrement vidéo. Il est à noter que le déclencheur dispose d’un filetage pour la fixation d’un déclencheur souple.

Ces commandes sont complétées par deux molettes de réglage situées à l’avant et à l’arrière du boîtier. Les trois molettes sont équipées d’un bouton central que l’on maintient enfoncé lors du changement de réglage, ce qui les verrouille pour éviter tout ajustement non souhaité pendant la prise de vue.

Sur le côté droit de l’avant du Nikon Z f, vous trouverez un bouton personnalisable (paramétré par défaut pour la balance des blancs) que nous avons désactivé lors de l’utilisation du zoom Z 180-600 mm f/5,6-6,3 VR. Ce bouton, un peu trop sensible, avait tendance à s’activer involontairement lorsque l’appareil était tenu avec l’objectif très volumineux. Il est possible qu’un grip plus prononcé aurait pu éviter ce désagrément.

Au dos de l’appareil, il n’y a rien de révolutionnaire. Nikon a reconduit l’écran tactile de 3 pouces qui peut pivoter dans toutes les directions. Une fois replié, il est bien protégé contre les chocs et les rayures. L’écran et le viseur électronique peuvent être utilisés en alternance grâce à un système de détection automatique ou en fonction des préférences du photographe. Le viseur électronique offre une excellente qualité d’image. De plus, pour plus de confort, les menus (à l’écran et dans le viseur) peuvent s’afficher en mode vertical en fonction de l’orientation du boîtier.

À l’arrière de l’appareil, vous trouverez également un petit pavé de contrôle, les molettes pour visualiser et zoomer dans les images, ainsi qu’un bouton d’accès aux menus de l’appareil. Sous ce dernier, l’accès au compartiment de la batterie révèle un double lecteur de carte SD et microSD.

Absence de poignée

Le Nikon Z f est un appareil compact et plaisant à prendre en main, mesurant 144 x 103 x 49 mm. Cependant, la sensation de manipulation varie en fonction de l’objectif utilisé. Avec le Z 40 mm f/2 SE, cette combinaison forme un duo très agréable, léger, compact, idéal pour la photographie de rue. Dans cette configuration, la protubérance au niveau de la poignée de l’appareil, qui fait office de « mini-poignée », reste efficace.

L’appareil prend une toute autre dimension lorsqu’on lui associe le zoom Z 24-70 mm f/2,8 S. Dans ce cas, l’absence d’une poignée dédiée se fait ressentir. Le poids total ne permet pas une prise en main aussi confortable qu’avec le 40 mm, et le niveau de sécurité n’est pas le même. L’utilisation de la poignée SmallRig (en option) est alors fortement recommandée pour éviter tout risque de glissement accidentel de l’appareil.

Lorsqu’il est associé au zoom Z 180-600 mm f/5,6-6,3 VR, l’absence de poignée se fait particulièrement ressentir, rendant la manipulation de l’appareil très inconfortable et déséquilibrée. Il est impératif de maintenir fermement l’ensemble en utilisant la poignée du collier de pied de l’objectif pour garantir une prise en main efficace. En somme, le Nikon Z f est clairement plus à l’aise avec des objectifs de petite taille, et l’ajout de la poignée optionnelle SmallRig est fortement recommandé pour plus de confort, quelle que soit l’optique utilisée.

Performances de l’autofocus et de l’obturateur

Pour cette première prise en main, nous avons préféré éviter les tests en laboratoire au profit d’une utilisation sur le terrain, en mettant en œuvre les nouvelles fonctionnalités proposées par Nikon. Comme annoncé lors de son lancement, le Nikon Z f est équipé d’un capteur CMOS plein format stabilisé de 24,5 Mpx, bénéficiant d’une amélioration significative de la stabilisation mécanique avec un gain pouvant atteindre 8 stops. Ce capteur bénéficie également d’un double traitement de surface, similaire à celui du Z 9, offrant une protection accrue contre la poussière grâce à un traitement au fluor et électrostatique.

La stabilisation a répondu aux attentes de Nikon, offrant d’excellentes performances, même avec l’utilisation du zoom Z 180-600 mm f/5,6-6,3 VR, même à des focales élevées en prise de vue à main levée. Cette performance est encore plus remarquable avec des objectifs à focale plus courte, tels que le Z 40 mm f/2 SE et le Z 24-70 mm f/2,8 S, où il faut vraiment chercher à provoquer des flous de bougé pour mettre l’appareil en difficulté.

Hérité du Nikon Z9, le système autofocus du Z f couvre 96 % du capteur, avec une couverture de 299 points dans la zone automatique, et il est capable de distinguer les humains, les animaux, les oiseaux et les véhicules. Sur le terrain, il se révèle rapide et d’une grande précision. Nous n’avons réussi à le mettre en difficulté qu’en conditions de très faible luminosité avec le zoom Z 180-600 mm f/5,6-6,3 VR. En revanche, dans des conditions similaires avec les objectifs Z 24-70 mm f/2,8 S et Z 40 mm f/2 SE, l’appareil a fait preuve d’une réactivité exceptionnelle et d’une grande précision.

Lors de nos sorties dans des paysages relativement calmes, nous n’avons pas eu besoin d’exploiter pleinement la vitesse maximale de l’obturateur. Avec une cadence de 14 images par seconde en obturation mécanique pour les formats raw et jpeg, l’obturateur électronique permet d’atteindre jusqu’à 30 images par seconde, mais uniquement en jpeg. Cela offre une marge plus que suffisante pour capturer la plupart des scénarios de prise de vue. L’appareil peut enregistrer jusqu’à 186 images en raw (compression sans perte) et jusqu’à 200 images en raw compressé sans montrer de signes de ralentissement.

Qualité d’image

Le Nikon Z f propose une grande partie des modes Picture Control présents sur le Z fc, ce qui nous place en terrain familier. Les magnifiques paysages du Luberon et les carrières d’ocre de Roussillon sont restitués de manière particulièrement convaincante en utilisant le mode standard. Nous avons simplement remarqué quelques légères variations de la balance des blancs sur une série d’images, mais rien de préoccupant, car cela peut être facilement corrigé avec les fichiers raw. En examinant les images capturées à des sensibilités ISO élevées, nous avons constaté une gestion efficace du bruit tant au niveau de la chrominance que de la luminance, bien que nous envisagerons de mener des tests plus approfondis en laboratoire pour confirmer ces observations.

La grande nouveauté réside dans l’introduction de deux nouveaux modes monochromes, Flat et Deeptone. Le premier offre des rendus doux qui conviennent parfaitement aux paysages, tandis que le second offre un rendu plus sombre tout en préservant les détails dans les ombres. Certains pourraient arguer qu’il est facile de créer des images monochromes en postproduction, mais cette option disponible sur le Z f permet de réfléchir véritablement à ses images en noir et blanc dès la prise de vue. Le viseur et l’écran adoptent le mode choisi, permettant une visualisation directe en noir et blanc. Enfin, le petit curseur situé sous la molette de réglage du temps de pose permet de passer rapidement du mode de prise de vue classique au mode noir et blanc, sans avoir à naviguer dans les menus. Une astuce appréciable pour les photographes.

Le mode PixelShift était activé sur notre appareil de test, cependant, au moment de la rédaction de cet article, le logiciel NX Studio n’était pas encore mis à jour pour prendre en charge nos images. C’est dommage, car cela aurait permis de produire des images de 96 Mpx. Nous examinerons cette fonctionnalité de plus près lors de notre test en laboratoire, une fois que l’application aura été mise à jour.

L’activation de ce mode se fait via les menus de l’appareil pour une seule image ou en mode permanent, ce qui nécessite de le désactiver via le menu. Cela semble logique et ne pose pas de problème particulier. En revanche, les images raw générées lors de la prise de vue (pouvant aller jusqu’à 32 clichés) sont simplement stockées mélangées avec les images classiques dans le même dossier, ce qui est vraiment regrettable. Cela demande du temps pour trier les images, et pour les photographes travaillant exclusivement en format raw, 10 séries d’images signifient jusqu’à 320 images à organiser dans un sous-dossier. Nous aurions préféré un mode similaire à celui proposé par Panasonic avec le Lumix S1r, qui traite les images directement dans l’appareil et génère un fichier exploitable tout en conservant les images sources.

Endurance impressionnante

Au cours de deux journées d’essais, nous avons réussi à capturer 1600 images (en format raw et jpeg) en utilisant deux batteries (EN-EL15 C). Il est important de noter que la seconde batterie avait encore 50 % de charge lorsque nous avons restitué l’appareil. Il est à souligner que notre Nikon Z f était un modèle de préproduction. Il a donc fait preuve d’une endurance remarquable, même si nous n’avons pas poussé les limites en termes de prises de vue en rafales et en utilisant le contrôle d’image à l’écran de manière raisonnée. Cette autonomie sur le terrain est rassurante, ce qui signifie que deux batteries semblent être un choix judicieux pour accompagner le Nikon Z f. Le compartiment de la batterie, situé sous l’appareil, dispose également de deux emplacements pour les cartes mémoire, offrant juste assez d’espace pour une carte SD et une carte microSD.

Un mélange de vintage et de modernité

Le Nikon Z f est incontestablement un appareil moderne qui intègre les dernières avancées de Nikon en matière de photographie. Doté du puissant processeur Expeed 7 de dernière génération, d’un système autofocus performant et d’un obturateur de haute qualité, il se positionne au même niveau que certains des fleurons de la marque. Malgré son aspect résolument vintage, le Nikon Z f offre de nombreux autres avantages attrayants, ce qui en fait un choix séduisant pour les amateurs de capteurs plein format.

Le Nikon Z f est disponible depuis début octobre 2023 à différents tarifs :

Boîtier nu : 2499 €

En kit avec l’objectif 40 mm f/2 SE : 2749 €

En kit avec le zoom 24-70 mm f/4 S : 3129 €

De plus, jusqu’au 31 octobre, une poignée SmallRig sera offerte pour tout achat d’un Nikon Z f.

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About the Author: Alex Bruno

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