Jean-Baptiste Kempf, renommé en tant qu’un des cerveaux derrière le développement du VLC media player, a récemment révélé une avancée innovante baptisée Kyber. Cette nouvelle technologie de streaming suscite l’enthousiasme et l’admiration des premiers utilisateurs. VLC Media Player, mondialement reconnu pour son excellence dans la lecture audio et vidéo, constitue le fleuron du travail de Kempf, son icône distinctive prenant la forme d’un cône de signalisation. En tant que projet open source, il se positionne comme l’une des grandes réussites technologiques françaises, avec ses composantes intégrées dans une multitude de logiciels à travers le globe. Jean-Baptiste Kempf, l’un des pionniers, semble prêt à réitérer cette réussite avec un nouveau projet tout aussi ambitieux et impressionnant, dénommé Kyber.
Une fois de plus, il s’agit d’une initiative open source, focalisée sur les domaines de l’audio, de la vidéo, et du contrôle. L’objectif affiché est clairement de rivaliser avec d’illustres noms tels que Xbox, PlayStation, voire même des services de cloud gaming tels que GeForce Now. La technologie Kyber se profile ainsi comme une force perturbatrice potentielle dans le paysage de l’industrie du jeu vidéo.
Kyber : décryptage de cette innovation technologique
Qu’est-ce que Kyber exactement ? Il s’agit d’une composante entièrement logicielle, en open source, conçue pour prendre le contrôle à distance d’un appareil. Cette technologie englobe le streaming de vidéo et d’audio dans un sens, pour la réception du flux, ainsi que des commandes dans l’autre sens, via une manette de jeu ou un ensemble clavier/souris. Kyber se présente comme une solution technologique agnostique, avec un client basé sur VLC, assurant ainsi sa disponibilité sur une multitude de plateformes telles que Windows, GNU/Linux, macOS, Android, iOS, Apple TV, Android TV, Chromebook et le web. Du côté du serveur, la technologie s’appuie sur FFmpeg, lui permettant également de fonctionner sur diverses plates-formes telles que Windows, GNU/Linux, Android et Mac. En somme, une universalité est garantie.
Lors d’une présentation à Paris Video Tech, Jean-Baptiste Kempf a détaillé cette technologie novatrice. Vous pouvez visionner la rediffusion de cette présentation dans la vidéo ci-dessous, à partir de la minute 56:00.
Une potentielle révolution dans le domaine du jeu vidéo en streaming ?
L’élément le plus frappant réside dans la démonstration captivante orchestrée par Jean-Baptiste Kempf. Deux machines sont disposées côte à côte, l’une exécutant le jeu en local, tandis que l’autre y accède en streaming grâce à Kyber. La différence entre les deux jeux est minime, avec seulement 16 millisecondes à une fréquence de 60 Hz, pouvant même descendre à 10 millisecondes avec un écran de 240 Hz. Cette variation est pratiquement indiscernable pendant le déroulement du jeu. Ce qui est particulièrement intrigant, c’est que le jeu affiché sur le client peut même être en avance par rapport au serveur si ce dernier est diffusé sur un écran moins réactif. En d’autres termes, l’image apparaît d’abord sur l’écran du client après la diffusion en streaming, avant de se manifester sur l’écran du serveur, bien que celui-ci soit l’émetteur de l’image.
Néanmoins, tout n’est pas parfait, comme l’a reconnu Jean-Baptiste Kempf lui-même. L’encodeur vidéo montre ses limites lors de grands déplacements de caméra, une problématique déjà rencontrée sur les services de cloud gaming ou simplement lors de la diffusion de vidéos sur des plateformes telles que Twitch et YouTube. Les premières démonstrations de Kempf semblent avoir laissé l’audience stupéfaite, comme en témoignent plusieurs retours élogieux.
Quelle serait la prochaine étape ?
Si cette technologie tient ses promesses, il serait raisonnable d’espérer son adoption par des services destinés au grand public. En termes de calendrier, Jean-Baptiste Kempf annonce un projet opérationnel et intégrable d’ici la mi-2024, avec les premiers cas d’utilisation couverts dès janvier 2024, notamment pour des applications telles que Remote Desktop. On pourrait envisager une adoption par Valve pour les fonctionnalités Remote Play de Steam, étant donné que la société base déjà plusieurs de ses solutions, telles que SteamOS, sur des solutions open source et possède une orientation inhérente au PC.
Nvidia pourrait également manifester un intérêt pour cette nouvelle technologie : Kyber peut déjà utiliser NVENC, l’encodeur matériel utilisé par la marque dans ses cartes graphiques. Ceci pourrait potentiellement améliorer la latence du streaming local avec une carte Nvidia, ou avec GeForce Now.
Cependant, une question subsiste quant à savoir si Jean-Baptiste Kempf envisage de lancer son propre service de cloud gaming. Il a occupé le poste de directeur technique chez Shadow pendant un certain temps, avant le rachat de la société par OVHCloud.
Bien que notre discussion se soit principalement focalisée sur les aspects liés aux jeux vidéo, où la latence (ou son absence) peut être particulièrement perceptible, il est important de noter que la technologie Kyber est conçue pour prendre le contrôle de n’importe quel PC. On peut donc envisager des applications dans le domaine du télétravail, permettant l’accès à un PC Windows ou Mac à distance, depuis n’importe quel appareil ou un simple navigateur web. Une fois de plus, les possibilités d’utilisation s’avèrent très prometteuses.