Les leaders politiques et les représentants du monde des affaires allemands se sont réunis récemment lors d’un sommet numérique pour discuter de l’avenir de la culture des données. Un consensus émerge quant à la nécessité d’accroître la collecte de données, une perspective qui risque de susciter des inquiétudes parmi les défenseurs de la protection des données.
Volker Wissing appelle à plus de « courage et d’ouverture » en matière de données
Des réglementations telles que le RGPD garantissent une protection complète des données au sein de l’UE, un droit fondamental découlant de l’autodétermination informationnelle. Les responsables politiques de la coalition des feux tricolores se sont réunis à Berlin pour débattre d’une future culture des données, suscitant des interrogations quant au respect du droit fondamental à la protection des données. Volker Wissing, ministre fédéral du Numérique et des Transports, parrain du Sommet numérique, exprime le besoin d’une « culture des données participative » qui requiert une mise à disposition et une utilisation plus importantes de données.
Le secteur des transports n’est pas le seul concerné; Wissing envisage également une numérisation accrue de la vie quotidienne, appelant à du « courage et de l’ouverture ». L’objectif est de propulser l’Allemagne dans le domaine de la numérisation, bien que cette perspective puisse ne pas être bien accueillie par les défenseurs de la protection des données. Le sommet a souligné la nécessité de donner une chance aux modèles économiques reposant sur une analyse approfondie des données.
Robert Habeck enthousiaste à l’idée du traitement des données
La coalition des feux tricolores semble s’orienter vers un assouplissement de la protection des données, comme le suggère l’acceptation rapide par le gouvernement allemand de l’extension des pouvoirs de vidéosurveillance biométrique proposée par le Conseil des ministres de l’UE. Les déclarations de Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie et de la Protection du climat, ne sont donc pas surprenantes. Lors du sommet, il a salué les scanners d’iris et de visage comme moyens de paiement, soulignant leur utilité dans un camp de réfugiés en Jordanie.
Habeck envisage des applications pratiques, comme des paiements fluides dans les supermarchés grâce à l’enregistrement à l’entrée, le scan des produits, et le paiement via l’iris scan. Bien qu’il souligne la sensibilité des données, il appelle à des limites pour les grandes entreprises technologiques comme Meta. Les données doivent devenir une « propriété commune », et Habeck insiste sur un « droit à la souveraineté des données ».
Des questions en suspens sur la protection de la vie privée et la numérisation
Au cours du sommet, Habeck a évoqué le besoin d’un « droit à la souveraineté des données », mais les détails sur la possibilité pour les individus de décider quelles données divulguer restent flous. Le thème de la vie privée n’a pas été abordé, mais Volker Wissing met en avant la « sécurité dès la conception et par défaut » pour établir des directives strictes pour les entreprises, permettant aux utilisateurs de définir de nombreux paramètres de sécurité. La place du droit fondamental à la protection des données dans le contexte de la numérisation croissante sera discutée lors de la prochaine conférence de la fondation protection des données.
Visions anticipées et perspectives pour l’IA et la mobilité
Le sommet, loin de présenter une stratégie élaborée, offre une vision prospective. La stratégie actuelle de la grande coalition reste d’actualité, avec une attention particulière portée à l’intelligence artificielle. Wissing souhaite accorder une place prépondérante à l’IA, notamment dans le traitement des données par le pouvoir exécutif, suggérant des résultats ciblés, notamment dans le domaine de la conduite autonome.
En collaboration avec l’industrie automobile et les organismes publics, des progrès significatifs pourraient être réalisés dans le domaine de la mobilité autonome. Cependant, le sommet souligne la nécessité d’une évaluation transparente des produits reposant sur l’IA, avec la proposition d’une étiquette de test.
Réactions critiques du chaos Computer Club
Bien que le sommet ait invité des représentants bien connus, l’absence du Chaos Computer Club suscite des critiques. Le manque d’un contre-avis issu d’une organisation renommée soulève des questions sur l’objectivité du sommet, avec des accusations de lobbying envers la coalition des feux tricolores.
En synthèse, le sommet numérique met en lumière des perspectives divergentes sur la collecte de données, suscitant des débats sur la protection des données et l’impact sur la vie quotidienne des citoyens. L’équilibre entre innovation, protection de la vie privée et sécurité demeure au cœur des préoccupations, soulignant la nécessité d’une approche réfléchie face à l’évolution rapide du paysage numérique.