Test du OnePlus Watch 2 : Une approche hybride gagnante

POINTS FORTS
  • Design et finition soignés.
  • Écran confortable et lumineux.
  • Richesse de Wear OS 4.
  • Précision de l’app Entraînements.
  • Idée et mise en application du mode hybride.
  • Autonomie supérieure à celle des montres concurrentes sous Wear OS.
POINTS FAIBLES
  • Un peu lourde et encombrante.
  • La couronne qui tourne… pour rien.
  • Pas de module 4G.
  • Pas d’ECG, de détection de chute ni de thermomètre.
Après une première montre connectée décevante, OnePlus a pris le temps de revoir sa copie et revient avec la Watch 2. Sous Wear OS, elle promet de tenir plus de quatre jours au poignet sans recharge, misant pour ce faire sur une astuce technique.

Présentation

Après une première montre connectée à moitié convaincante, sortie en avril 2021, il était impossible à OnePlus de sortir une seconde mouture dans la foulée. Elle est donc retournée à son ouvrage et revient aujourd’hui avec une OnePlus Watch 2 prometteuse. Entretemps, ce marché a encore mûri, Wear OS a franchi des caps importants, de même que les ambitions de OnePlus. Oubliez le positionnement de la première montre à 159 €, cette montre est vendue à partir de 329 € (299 € à l’heure actuelle). Une coquette somme qui, évidemment, implique de plus fortes exigences. Pour les tenir, OnePlus a une idée : faire de sa montre une machine hybride. Là où Mobvoi glisse deux écrans dans sa TicWatch Pro 5 pour tenir au long cours, le géant chinois a opté pour deux systèmes d’exploitation cohabitant dans sa montre, animés par autant de puces différentes. D’un côté, il y a un Snapdragon W5 Gen 1 pour soutenir Wear OS et faire de la Watch 2 une montre connectée moderne et ouverte aux apps du Play Store. De l’autre, le BES2700BP est une puce de BES Technology, que certains auront déjà croisée dans la S1 Pro de Xiaomi. Cette puce ultra-basse consommation est chargée d’exécuter RTOS pour les tâches qui nécessitent moins d’interactivité ou de puissance, comme le suivi du rythme cardiaque de nuit ou en tâche de fond. Les deux systèmes d’exploitation, qui se passent le relais en toute transparence, se partagent 2 Go de mémoire vive, mais font chambre à part en matière de stockage (32 Go d’un côté, 4 Go de l’autre). C’est sur cette collaboration originale qu’est construite la promesse d’une autonomie record de 100 h en mode standard (baptisé Intelligent par OnePlus) et 12 jours en mode économie d’énergie. Promesse à laquelle s’ajoutent d’autres arguments, tels un GPS double fréquence pour un suivi précis des sorties et des fonctions d’entraînements abouties. Un pari réussi ?

Ergonomie et design

Comme pour sa première montre, OnePlus a fait le choix de la rondeur avec un boîtier en acier inoxydable qui en impose. Il mesure tout de même 4,7 x 4,66 x 1,21 cm — et même 1,365 cm si on ajoute l’épaisseur des capteurs. C’est gros, assez lourd (48 g pour le boîtier seulement et 79 g avec le bracelet) et ne conviendra pas à toutes les tailles de poignet. Cela dit, la finition est impeccable et respire la solidité. La seconde montre de OnePlus est certifiée IP68, 5 ATM (donc capable en théorie de résister à une immersion à 50 m de profondeur) et s’offre la certification MIL-STD-810H. Autrement dit, elle devrait survivre à un après-midi à la plage comme à un trail boueux en forêt. Si OnePlus a vu grand pour sa Watch 2, il s’est aussi appliqué à lui offrir une esthétique qui rappelle vaguement le module photo dorsal du OnePlus 12, récent smartphone de la marque. La couronne est placée sur la partie haute du boîtier, au sommet d’une petite excroissance latérale qui court le long du cercle formé par le cadran, et en bas de laquelle on trouve un bouton. Ce duo permet d’interagir avec la montre en complément de son écran tactile. Étonnamment, la couronne tourne, mais cela n’a aucun effet sur l’interface. C’est bien dommage, car on se surprend souvent à vouloir faire défiler un menu en la faisant tourner. Elle ne sert effectivement que de bouton cliquable pour accéder aux apps installées sur la montre. Appuyer deux fois rapidement ouvre la dernière application exécutée, l’enfoncer longuement appelle Google Assistant. Le bouton en bas est plus large, tombe bien sous le doigt et est destiné à ouvrir l’app Entraînements d’une pression, tandis qu’une double pression rapide lance Google Pay. Wear OS permet à la montre de servir aux paiements sans contact, toujours pratiques. Il est possible d’attribuer une autre fonction à ce bouton. À noter que depuis les réglages de la tocante, il est possible d’attribuer de nouvelles fonctions à ces boutons, comme le lancement d’une app. Par exemple, la lampe de poche pour ceux qui aiment courir de nuit en sécurité. La partie inférieure du boîtier est constituée d’un mélange de plastique et de fibre de verre. Elle donne une impression de solidité et est très agréable au poignet. On y trouve évidemment les capteurs habituels : cardiofréquencemètre et oxymètre, ainsi que les quatre points qui permettent d’aimanter le chargeur rectangulaire de la montre.

Écran vaste et agréable

L’écran Amoled de 1,43 pouce (3,63 cm), plutôt grand, jouit d’une définition de 466 x 466 pixels pour une résolution de 326 ppp. Associés à une luminosité annoncée de 600 cd/m², ces critères garantissent un grand confort visuel au quotidien. Les bordures tout autour de l’écran sont assez larges ; la dalle couvre 59,72 % de la façade supérieure, ce qui est plutôt bon, même si les Galaxy Watch 6 et Watch 6 Classic font mieux. Ceci étant, ces bordures épaisses ne nuisent pas à l’utilisation et ne donnent surtout pas l’impression que l’écran est étriqué. Le mode Always-on est très facile à configurer selon une plage horaire précise, et il sera ainsi toujours facile de consulter l’heure ou les quelques complications affichées. Par ailleurs, on apprécie qu’il soit aisé d’activer le mode nuit qui éteint l’écran et désactive la fonction de lever du poignet pour activer l’afficheur. Enfin, les plus inquiets se réjouiront en apprenant que la dalle est protégée par une plaque de verre saphir, légèrement incurvée sur son pourtour, qui devrait donc être résistante aussi bien aux chocs qu’aux rayures. C’est tant mieux, car elle est placée en léger débord par rapport au boîtier et peut donc être exposée à quelques mauvaises rencontres.

Interface

Avec une belle collection de cadrans — une vingtaine par défaut et 80 autres via l’app qui l’accompagne —, la OnePlus Watch 2 a de quoi satisfaire les goûts de chacun. Vous pourrez opter pour un look de montre classique, faire la part belle au suivi de vos activités physiques ou même transformer certaines de vos photos en fond d’écran. Mieux encore, alors que ce n’est pas toujours le cas, il est possible de personnaliser intelligemment les complications affichées. C’est ainsi le cas d’Arcs, notre cadran préféré car il est fonctionnel, lisible et propose pas moins de six emplacements personnalisables pour des complications. Pour le reste, on retrouve les grandes règles d’interaction de Wear OS (adoptées aussi très souvent par RTOS), dont l’accès aux raccourcis des réglages en glissant le doigt depuis le haut de l’écran. Les widgets se trouvent sur les côtés pour trouver rapidement un résumé de la nuit ou l’avancée de ses efforts dans la journée. On peut évidemment ajouter les widgets de certaines apps, comme c’est le cas de Strava. Les notifications apparaissent d’un glissement depuis le bas de l’écran. Bien sûr, la présence de Wear OS 4 signifie que tous les services Google sont présents. Nous avons déjà évoqué Google Pay un peu plus haut, ce qui est très pratique pour payer quelques croissants avec sa montre au retour d’un footing matinal. Mais on trouve aussi Maps, Calendar, et évidemment le Play Store qui est un des très bons moyens de dépasser les limites de la montre, notamment en matière d’export des données d’activité. Et c’est sans oublier la possibilité de répondre à des messages (ou lancer une conversation) depuis la montre via un petit clavier ou un message dicté. La OnePlus Watch 2 étant compatible Bluetooth et wifi, elle peut aussi passer des appels (ou en recevoir). Attention, si la qualité du micro permet à votre interlocuteur de bien entendre, le haut-parleur de la montre n’est pas très puissant et il faut vraiment être dans un environnement calme pour mener une conversation.

Application

Wear OS 4 oblige, la OnePlus Watch 2 ne fonctionne qu’avec Android (8.0 et suivant) — pas la peine de tenter votre chance si vous utilisez un iPhone. Il vous faudra installer une seule app, OHealth (et non OnePlus Health), très sommaire, mais fonctionnelle. Elle arbore trois onglets Santé, Fitness et Appareil. Le premier affiche toutes les informations liées à votre activité physique et de santé du jour. Vous y trouverez le suivi de votre fréquence cardiaque, le résumé de votre sommeil, l’estimation de votre niveau de stress, etc. Le deuxième onglet permet de lancer une activité physique (marche ou course) et même de vous fixer un objectif de distance. Enfin, le troisième, sans grande surprise, donne accès à certains réglages de la montre depuis le smartphone. Vous pourrez y choisir tranquillement des cadrans, ajouter ou supprimer des tuiles, configurer les notifications et définir vos paramètres d’entraînement et de santé. En explorant le menu Plus, vous pourrez accéder au réglage de l’Always-on, synchroniser les événements de votre calendrier, etc. Simple, mais efficace, à défaut de permettre tout et n’importe quoi.

Usages et précision

La Watch 2 embarque un capteur cardiaque, mais ne permet pas de réaliser d’ECG. Elle ne dispose pas non plus d’un thermomètre pour le suivi du cycle menstruel, notamment. En revanche, la montre de OnePlus embarque un oxymètre pour estimer le taux d’oxygène dans le sang du porteur, un indicateur de bonne santé. Enfin, son module GPS est compatible avec deux bandes de fréquences pour être plus précis. Que cela donne-t-il quand on court ou fait du vélo ? Dans le premier cas, il nous est arrivé de constater un différentiel d’une ou deux centaines de mètres sur une course longue, mais l’ensemble du tracé est correct, à quelques aberrations habituelles près (les montres GPS n’aiment pas passer dans un tunnel, sous un pont ou dans une rue étroite et encaissée). À vélo, les ratés sont un peu plus nombreux, sans doute parce que la vitesse de déplacement est plus grande. Le GPS est donc plutôt performant, sans être parfait. Le capteur cardiaque nous a posé davantage de souci. Au global, lors d’un exercice, il affiche une moyenne de battements par minute proche de ce que notre ceinture thoracique de référence (Polar H10) fournit, et ne se trompe pas dans les minima et maxima atteints. En revanche, il peine à suivre les hausses rapides du rythme cardiaque, que ce soit pendant un fractionné ou à vélo en milieu urbain avec de nombreux arrêts. Nous l’avons aussi souvent surpris à sous-estimer les pics d’effort ou ne pas noter les minimes variations dans cette même montée en puissance du cœur. Rien de grave, mais cela la rend peu pertinente par ceux qui s’adonnent au cardio. Toutefois, la OnePlus Watch 2 a d’autres arguments pour séduire. Pas forcément la grande quantité de sports compatibles parmi ces arguments, même si, parmi les quelque 100 activités listées, vous avez toutes les chances de trouver votre bonheur. On note plutôt que la montre connectée fournit un grand niveau de détails dédiés à certaines activités. Ainsi, pour la course à pied, elle vous donnera votre cadence, la longueur de votre foulée, le temps de contact au sol, l’amplitude d’oscillation verticale, l’équilibre latéral de vos appuis ou encore votre puissance. Mais ce n’est pas tout, des activités comme le tennis ou le badminton fournissent des détails sur votre vitesse de frappe, le nombre de coups, la longueur de l’échange le plus long, le nombre de coups droits et de revers, etc. Autant de données qu’il est intéressant de conserver et qui font regretter l’impossibilité de les exporter facilement.

Autonomie

Grâce à son astuce et sa batterie de 500 mAh, la Watch 2 de OnePlus promet 100 h d’autonomie, et même jusqu’à 12 jours en mode d’économie d’énergie. Mais pour prendre la mesure de la performance, du jeu d’équilibriste réalisé par OnePlus pour arriver à de telles autonomies, il est important de préciser une chose. Si la firme chinoise propose autant de cadrans d’emblée, c’est que les watchfaces sont au cœur de l’architecture dual engine, autrement dit au cœur du changement transparent d’OS et de puce. Pour que la magie opère, il faut que le cadran soit compatible. Un cadran tiers désactive cette fonction, si bien que la montre ne fonctionne que sur la puce Snapdragon… avec un effet visible sur l’autonomie. Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas atteint les 100 h d’autonomie, mais n’avons pas ménagé la Watch 2. Avec entre 1 et 2 h de sports en extérieur avec GPS, mode Always-on activé (avec la luminosité adaptative), sauf lorsque le mode nuit était engagé, nous avons tenu plus de trois jours et demi, là où la concurrence Wear OS s’essouffle aux alentours d’une quarantaine d’heures. C’est impressionnant, voire exceptionnel, d’autant que nous avions également activé le suivi de sommeil et même, pour une nuit, l’option de détection d’apnée du sommeil, très consommatrice de batterie. L’autonomie est excellente dans l’univers de Wear OS, et pour peu que vous ayez un chargeur rapide (Super VOOC), vous devriez faire le plein de votre montre en un rien de temps. Avec le chargeur du OnePlus 12 (100 W), nous avons rechargé totalement la montre en 52 min et atteint 50 % de charge en 12 min. Le chargeur de la montre, en plastique blanc très léger et compact, se branche à n’importe quel port USB-C. On ne peut toutefois s’empêcher de remarquer sa finition de bien moins bonne qualité que le reste de la montre.

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